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Anne-Catherine Pierrot : du coton à la laine

Anne-Catherine Pierrot avait pour projet de ne travailler que la récupération. Son petit atelier « Au fil des envies » fait renaître vos anciens draps ou encore vos chemisiers pour habiller vos bambins. Mais c’était sans compter sur la Filière Laine de Libramont qui plus tôt dans l’année, a proposé un concours et lui a fait découvrir une nouvelle vocation!

 ©Anne-Catherine Pierrot

©Anne-Catherine Pierrot

« Au fil des envies », pourquoi avoir choisi ce nom ?
J’ai beaucoup d’idées. J’ai envie de travailler ce que j’aime sans suivre une démarche précise. Après la naissance de mes deux garçons, Gaspard et Ulysse, j’ai voulu créer des vêtements pour enfants. J’utilise exclusivement le coton et uniquement des tissus de récupération comme des chemisiers, des draps ou encore des taies d’oreiller. Au fil des envies met en valeur un esprit simple. Mes modèles ne sont pas compliqués, je dirais qu’ils sont connus. J’ai donc créé des barboteuses, des sarouels, de petites robes et des chemises. J’ai même fait des sacoches provenant de rideaux ou de nappes. Je suis plutôt dans un esprit rétro : quand j’expose mes créations, les personnes plus âgées me disent « je portais ça quand j’étais petit ».

Pourtant, un concours organisé par la Filière Laine a bousculé votre projet. Pourquoi ?
J’ai toujours aimé la laine. Je tricote depuis que je suis toute petite. Je travaillais principalement la laine fantaisie. C’est en me baladant sur Facebook que j’ai découvert ce concours. La Filière fournissait 100 grammes de laine et chacun devait créer une sculpture pour mettre cette matière à l’honneur. Les participants avaient le choix entre de la laine en suint (laine brute qui provient directement de la tonte du  mouton), de la laine lavée, de la laine filée ou de la laine cardée (laine lavée ET peignée mais non filée). C’est cette dernière que j’ai choisie. Quand j’ai reçu ma laine, je savais ce que je voulais faire mais plus mon œuvre avançait et plus mon projet évoluait.

Justement, que représente votre œuvre ?
Avec 100 grammes de laine, j’ai pu réaliser une bulle en laine contenant une femme repliée sur elle-même. Il faut être curieux pour la voir. Ma boule comporte des ouvertures mais le visiteur doit faire l’effort de plonger son regard dedans. Cette œuvre personnelle représente le ventre maternel. Mais pas que… chacun peut y voir ce qu’il souhaite, une vraie ouverture à l’interprétation ! Ma sculpture en laine a été sélectionnée. Désormais, elle va traverser plusieurs pays pour être exposée : Belgique, France, Luxembourg. Et ce, pour une durée de un an.

Aujourd’hui, qu’en est-il de votre projet ?
J’ai l’impression que mon projet s’oriente désormais vers la laine. Je suis autodidacte mais je suis quelques formations concernant cette matière. De la toison à la création, j’essaye tout. J’adore feutrer ma laine. Je pense que c’est pour cela que j’aime autant les laines brutes. Je me suis également mise à la teinter. Je veux rester dans l’esprit de la Filière Laine et souhaite promouvoir à mon tour la laine belge : je n’utilise que de la matière première locale. Pour teindre, j’emploie une espèce de soupe de fleurs. Pour avoir une couleur marron, il suffit de faire bouillir des épluchures d’oignons. Pour avoir de la couleur rouge, j’utilise de petits insectes appelés cochenilles. Et la liste continue : garance, brou de noix… ! Comme pour la récupération (que je n’oublie pas!), je crée des choses simples. Mon projet serait d’avoir mes propres moutons.

Retrouvez son univers, ici : http://aufildesenvies.be

Cyrielle Mincier