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Emilie Beaumont et sa marque B.E.MEN : un grain de sportwear pour une allure chic

On lui préconisait le milieu de la mode féminine, plus porteur, mais Emilie Beaumont en a décidé autrement. Après son cursus à la Cambre, cette styliste créé B.E.MEN, une marque destinée  aux hommes. Aujourd’hui, Emilie nous parle de sa passion plus que de ses ambitions commerciales et de son métier : styliste freelance.

B.E.MEN MODEL:ROBERT@Dominique/ MAKE-UP:BORIS/ ASSISTANT:SYDNEY ©Freddydhoe

B.E.MEN ©Freddydhoe

Après vos études, vous avez exercé le métier de styliste pour ensuite vous mettre au service d’autres créateurs. En quoi consiste le métier de styliste freelance ?
Depuis un an et demi, je suis freelance pour d’autres créateurs. Être freelance c’est souvent, marcher aux missions. Je dois analyser le produit, le marché et les tendances pour ensuite proposer une esquisse à la personne concernée. Tous les projets textiles sont acceptés. Ce que j’ai appris et ce que je fais doit servir aux autres. J’aime les défis, j’aime changer et j’aime la variété : tout ce qui peut m’enrichir humainement et professionnellement parlant.
Mon métier consiste à comprendre l’autre. Avant de créer, je dois connaître les habitudes de mon client, son rythme et son mode de vie. Je dois connaître ses attentes et intégrer l’utile au chic. Je suis sur tous les fronts aussi bien dans la mode pour enfant que dans l’accessoire. J’ai même déjà crée des bandages médicaux. Je suis “multi-casquettes” et polyvalente.

Créez-vous encore pour votre compte ?
Aujourd’hui, je crée pour me faire plaisir. Je fais des collections capsules comme je l’entends. Ma collection pour la marque B.E.MEN est ma carte de visite. Je la mets en image car elle est avant tout visuelle et elle me sert à trouver des clients.

Au point de vue du marché, la femme est en tête et l’homme vient après l’accessoire et la mode pour enfant. Pourquoi ce choix risqué ?
A la Cambre, on ne nous préconisait pas de faire des collections pour homme. Depuis peu, ça a changé. Quand je devais créer une collection pour femme, je faisais des vestes de costume, des pantalons ou des jupes culottes mais jamais de jupe ou de robe comme on l’entend. D’ailleurs, j’ai nommé l’une de mes collections de fin d’année « Chantier ». J’ai toujours eu cette idée en tête. Je n’aime pas les fioritures et les froufrous de la mode féminine, j’aime ce qui va à l’essentiel. Je me retrouve mieux dans une garde-robe masculine. En sortant de mes études, j’avais comme idée de créer une collection androgyne. Malheureusement, quand on est encore « rien », c’est difficile. Cela implique beaucoup de contraintes et de risques. J’ai donc opté pour l’homme. Je me retrouve dans les choses qui ont un sens, qui sont pratiques ; le concret.

Comment voyez-vous l’homme dans notre société?
L’homme est trop vite catalogué par sa fonction. Soit, il est viril, charismatique et avide de pouvoir soit il est sportif. Il n’y a pas de demi-mesure. C’est l’un ou l’autre. Il fallait sortir de ces deux modes et faire un mixe. Je voulais sortir du conformisme du costume.

Qu’avez-vous décidé de créer pour la gente masculine ?
Je fais, par exemple, du chic avec des tissus plus sport. Pour ce faire, j’utilise diverses matières. J’aime le lin enduit. Ce tissu à l’aspect métallique apporte un look futuriste au vêtement. Pour réduire le poids d’une veste en cuir, j’utilise, par exemple, du cuir d’agneau hyper souple. Je mixe les univers pour enrichir leur garde-robe. Je fais également des vestes de costume en matière sweat. En tant que créatrice, mes créations ont un brin de féminité. C’est un peu contradictoire et c’est ça que j’aime, cela marque mon originalité. D’où mon intérêt pour l’androgyne.

B.E.MEN S/S15 

www.emiliebeaumont.com


Cyrielle Mincier