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Emmanuelle Lebas : l’accessoire moderne et portable

Après ses études de stylisme à La Cambre en 2013, Emmanuelle Lebas s’est dirigée vers l’accessoire en créant sa propre marque de chaussures. La jeune créatrice nous explique son univers, sa marque et son parcours.

Quel a été votre parcours ?
J’ai fait la Cambre en 5 ans à Bruxelles. J’ai d’abord réalisé des vêtements pendant mes études mais j’avais déjà envie de faire de l’accessoire. J’ai donc effectué en même temps des stages en rapport avec cela pendant l’été. J’ai commencé chez ETS. Callatay où j’ai appris à travailler l’accessoire à la main avec des techniques plus à l’ancienne et un matériel plus restreint qu’en usine. J’ai ensuite fait un stage chez Robert Clergerie. C’était plus une formation qu’un stage car durant 4 mois intensifs, on était à l’usine et on avait des cours en même temps. On produisait nos modèles de A à Z, on effectuait pas mal de patronage, ce qui m’a permis de compléter mon premier stage.

Pourquoi s’être dirigée vers l’accessoire et plus particulièrement les chaussures et visières ?
Je ne voulais pas travailler dans une maison à Paris. A la Cambre on nous donne un statut de styliste ou de couturier, on doit organiser un défilé, trouver des mannequins, faire la collection. On nous donne toutes les facettes du métier. C’est comme si on avait notre propre marque. Après, on se rend compte que lorsqu’on arrive dans la vie active, dans une vraie boite de mode, il ne reste plus qu’une seule de toutes ces facettes. On est assistant d’assistant pour commencer, on place des poches, parfois on a des petites maquettes à faire et là c’est jour de fête. Ça ne m’intéressait pas du tout de rentrer dans ce schéma-là. Je ne me voyais pas partir vivre à Paris dans 12m2 et n’avoir qu’une seule facette de ce métier. Je voulais lancer mon propre projet.

Quelle est votre gamme d’accessoires ?
Le but est d’abord de pouvoir faire durer l’accessoire en tant que tel. Après, il y a une envie de ma part de pouvoir m’investir dans d’autres domaines, que ce soit par des collaborations pour des lunettes par exemple. Étendre ma gamme sans pour autant que ce soit sous l’aile de ma marque. Mais je me plais assez dans l’accessoire sans devoir revenir tout de suite au vêtement. Au niveau des matériaux je travaille surtout le cuir, plus particulièrement l’agneau, le veau et la chèvre pour tout ce qui est doublure. Pour la nouvelle collection de chaussures « Midnight Camp » qui est sorti en janvier 2015, on va utiliser des tissus plus proches du satin et du velours. Ce sont des inspirations plus glamour, il y aura du textile dans la prochaine collection qu’il n’y avait pas dans la première.

Faire des chaussures, est-ce un rêve de petite fille ?
Quand j’étais petite fille je voulais devenir détective privée (rires). Mais j’ai toujours voulu faire quelque chose de mes mains. Mon père était menuisier donc j’ai grandi dans un univers où on travaillait de façon artisanale, et ça me plaisait beaucoup.

Les visières, votre marque de fabrique ?
Je l’ai repris de ma collection de fin d’année à La Cambre parce que c’était une pièce emblématique et c’était une occasion de la mettre à disposition des gens en version plus portable. Celle que je vends est plus courte que celle de ma collection à La Cambre. C’est aussi un code visuel, un référent qui permet aux gens de se rappeler de ces visières et de faire le lien.

Quelles sont vos inspirations, votre style ?
Mon but est de pouvoir faire une chaussure portable sans forcément être moche pour autant.  Je veux porter une esthétique qui m’est propre, pas en me disant : je vais faire deux paires de bottes cet hiver parce qu’on vend ces bottes là, à telle période de l’année. Je conçois vraiment la collection comme une réelle collection de vêtements. Je pars d’inspirations, j’insuffle tout cela dans les matériaux que j’utilise, les couleurs et les formes. J’aspire à créer un style qui soit moderne, portable sans forcément me ranger dans la case des jeunes créateurs qui font des chaussures importables et impayables mais juste magnifique à regarder. J’avais envie de pouvoir rencontrer l’autre partie du métier plus commerciale et un peu plus pénible pour nous les créateurs, mais indispensable.

http://www.emmanuellelebas.com/
https://www.facebook.com/pages/Emmanuelle-Lebas/765073246864213?fref=ts

Mathilde Ridole