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Immersion dans le monde de Marc Philippe Coudeyre

Aux Brussels Fashion Days, Mode in Belgium a eu l’immense plaisir de s’entretenir avec le créateur belge, Marc Philippe Coudeyre. A la fois souriant et décontracté, il s’est livré sur Blossom, sa dernière collection.

Pourriez-vous définir en quelques mots votre dernière collection ?

MP. C. : J’aime beaucoup quand c’est subtil et non littéral. J’aime trouver un mot qui résume l’ensemble de la palette de couleurs, de l’étude des volumes, du type de produits,… Cette collection s’appelle Blossom et parle de la floraison des cerisiers au Japon. A partir de ça, j’ai eu l’idée des couleurs. Je voulais quelque chose de contrasté mais de très frais en rapport avec les pétales de fleurs des cerisiers. Les couleurs principales sont le blanc, le bleu électrique, le bleu foncé et poudre. Nous développons également notre propre imprimé chaque saison. Nous avons confectionné, pour cette collection, un imprimé qui reprend des pétales de fleurs. Par rapport à la femme, nous nous adressons à une femme active. Nous essayons de nous imaginer de quoi une femme contemporaine a besoin aujourd’hui. Nous avons donc des silhouettes très féminines avec des robes et des petits manteaux, mais nous avons également des silhouettes plus androgynes avec des pantalons et chemises.


Quel est le détail phare de votre collection ?
MP. C. : 
Cette saison, j’ai réellement travaillé autour de cette idée de confort, comment se sentir confortable dans un vêtement. Par conséquent, j’ai uniquement utilisé des matières nobles comme du coton, du soie-coton, de la laine. Mon souci, dans mon travail, c’est principalement le confort. J’ai énormément travailler sur cette question : aujourd’hui qu’est-ce qu’un beau vêtement, doux au toucher et agréable à porter, dans lequel on ne va ni transpirer, ni se sentir mal ?

 

Parallèlement, vous travaillez également pour la marque belge Natan. Cela vous influence-t-il dans votre propre collection ?
MP. C. : 
Je ne pense pas car Natan est une maison qui a une histoire, qui existe depuis 30 ans et qui a une clientèle très fidèle. Il y a donc un groupe cible bien déterminé. Nous, nous sommes une jeune marque, nous ne nous adressons pas à la même femme. J’arrive à discerner correctement les deux, maintenant il est vrai que j’apprends énormément chez Natan au niveau de la qualité. Travailler de belles matières est notre grand point commun. Je pense qu’aujourd’hui il y a malheureusement trop de produits de mauvaise qualité… J’adore les tissus, il est donc très important pour moi, lorsque je propose quelque chose, qu’il y ait ce souci de qualité. Par exemple, pour cette saison nous avons développé une popeline 60% soie et 40% coton, qui est tissée et teinte en Italie. Pour moi, travailler comme cela est un vrai plaisir.

 

Comptez-vous, dans le futur, démarrer une collection Homme ?
MP. C. : 
Pour le moment nous nous basons sur le prêt-à-porter féminin. Pour répondre à cette question, il faut tout de même comprendre que, dans la mode, chaque chose à une organisation et un calendrier très spécifique. Si vous faites de l’Homme, vous vous inscrivez dans le calendrier des défilés Homme, qui n’est pas au même moment que les défilés Femme. Un autre point important est le fait que, fatalement, vous n’avez pas la même clientèle. Je pense que si vous posez cette question à des marques plus développées, comme Louis Vuitton par exemple, c’est évident qu’ils vont faire de l’Homme, alors que pour un jeune créateur c’est impensable. Une collection de prêt-à-porter féminin est déjà tellement difficile à gérer ! (Rire)


Selon vous, est-il mieux d’avoir une garde-robe avec peu de pièces, mais de bonne qualité, ou d’avoir énormément de vêtements où l’on ne se préoccupe pas de leur confection ?
MP. C. : 
Sans hésiter, peu de pièces mais de bonne qualité ! J’ai déjà acheté un pull dans un de ces magasins connus où les vêtements ne sont pas chers. J’ai lavé le pull deux fois, et il était foutu ! Maintenant je ne veux plus aller dans ce genre de magasins, même si les vêtements ont une chouette coupe, je n’en ai plus envie. On établit un certain rapport avec le vêtement. Dans ma garde robe, j’ai par exemple un pull que j’affectionne tout particulièrement parce que je l’ai depuis six ans. C’est donc presque une relation amicale que j’entretiens avec mon pull ! Mais c’est quelque chose que vous ne pouvez pas faire avec ces marques peu chères et de mauvaise qualité ! Vous lavez votre pull trois fois, la couture lâche et la couleur part.


Comment arrivez-vous à garder la tête froide dans le monde de la mode ?
MP. C. : 
Une manière de se protéger dans le monde de la mode est d’être sincère avec soi-même et d’essayer de s’accrocher à des choses qui font plaisir. J’aime énormément les femmes et les tissus, c’est vraiment quelque chose qui me nourrit intérieurement et donc, lorsque je traverse des difficultés, j’essaie tout simplement de me concentrer là-dessus, sur ce que j’aime. Sinon, on devient fou !

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© Photos : Romane Henkinbrant

Mouna Matin