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INTERVIEW : Saule de retour sur le devant de la scène

Photo d’entête : © Christophe Dehousse

Saule commence l’année 2020 en beauté avec des concerts intimistes partout en Belgique durant lesquels il joue de nouveaux titres inédits. Pour cette occasion, nous sommes allées à sa rencontre. 

Baptiste Lalieu, mieux connu sous le nom de Saule, est un chanteur-compositeur belge devenu incontournable. Sa carrière a commencé il y a 15 ans lorsqu’il a composé sa première chanson française dans un parc devant un arbre dont il s’est inspiré pour créer son nom d’artiste. Cette année, après 4 albums et un bon nombre de succès, il se lance dans un cinquième album prévu en octobre prochain. En attendant, un premier EP est disponible, comptant 7 titres, élaborés au fils des années, qu’il chante lors de concerts acoustiques un peu partout en Belgique. Nous sommes allées à sa rencontre autour d’une tasse de thé afin d’en apprendre plus sur ses projets. Un moment de plaisir à l’ombre d’un grand Saule rieur…

Sur tes 15 ans de carrière, as-tu des moments marquants à nous partager ?

« Il y a tellement de moments marquants ! Tout d’abord mon premier album, qui est un rêve en tant que musicien. Quand ça devient réel, c’est vraiment magique. Ensuite, il y a eu ma première vraie scène de concert en première partie de Cali où j’ai chanté en guitare voix. C’est un moment qui a été décisif. Après il y a eu ma rencontre avec Dominique A et celle avec Charlie Winston et notre duo Dusty Men qui a été un gros boom dans ma carrière. Le morceau a eu un réel succès, ce qui a permis de m’ouvrir plein de portes. Puis il y a eu mes dix ans de carrière que j’ai fêtés avec Cali, Olivia Ruiz, Lio, Alice on the Roof, Grand Georges, qui sont des artistes qui me tenaient à cœur d’inviter. Il y a aussi eu la tournée « Les  aventuriers » avec les chanteurs de Téléphone avec qui on a fait des concerts de 2h où on chantait leurs chansons, les miennes et des reprises. On l’a fait l’année dernière pour la première fois en Belgique. »

Comment fais-tu pour avancer et toujours innover au fur et à mesure des années ?

« C’est un bon casse-tête parce qu’il faut, selon moi, passer par une phase de deuil pour se réinventer. Une phase de recherche, une phase où j’abandonne tout ce que j’ai fait avant pour ne plus refaire la même chose. Et donc à ce moment, tout ce qu’on fait paraît nul, fade. En travaillant sur l’album qui va sortir au mois d’octobre, je suis d’abord sorti du studio en me disant que le disque ne m’excitait pas car ce n’était pas assez neuf, ça ressemblait trop à ce que j’avais déjà fait. Je ne voulais pas sortir ce disque comme ça et donc je me suis remis en question avec pour réponse le plaisir. Et donc j’ai fait appel à des gens comme Cali et Dj Art, un jeune DJ belge, avec qui j’ai fait des collaborations et ça m’a fait énormément de bien. Et comme l’album, qui devait sortir au mois de mars, a été décalé en octobre, on a décidé de faire la tournée acoustique Verso durant laquelle je chante de nouveaux titres inédits. »

Ton nouvel EP, sorti en janvier, compte 7 titres très doux qui parlent d’amour et d’une certaine mélancolie sur des airs légers et entrainants. Qu’est-ce qui t’as inspiré ces chansons ?

© Saule

«  Forcément, ma vie personnelle m’inspire beaucoup. La chanson « Nos vies n’ont plus le même goût » parle de la perte de la magie qu’il y a au début dans un couple. Des fois je me sers aussi de la vie des personnes qui m’entourent. Il y a une chanson qui s’appelle « On se quitte à la fin des travaux » qui n’est pas sur l’EP mais que l’on chante en concert qui raconte la séparation d’un couple alors que ça faisait 2 ans qu’ils construisaient leur maison. Lorsque je chante ces chansons sur ce qui se passe autour de moi, très personnelles, j’ai souvent beaucoup de retours de personnes qui s’identifient dans les paroles. Il y a aussi une chanson très existentielle sur l’album «Exister ». Je parle rarement de choses aussi profondes dans une chanson mais là c’était un cri du cœur que j’ai fait il y a un an. Je me demande souvent quelles traces on va laisser quand on va partir. Ça faisait longtemps que je n’avais pas écrit une chanson avec un fond aussi sérieux, mais à la fois la chanson est très légère, très aérienne. J’aime beaucoup jouer sur les contrastes. Je le fais aussi pour la chanson « Elle danse », où je parle d’une petite fille en Inde qui a perdu ses parents depuis 3 ans et qui dansait tous les jours depuis, comme une thérapie. Encore une fois, c’est une chanson très joyeuse mais fondamentalement triste, je joue sur ce contraste doux-amer. »

Personnellement, j’aime beaucoup la chanson « Nos vies », en as-tu une coup de cœur de ton côté dans cet EP ?

« Je pense que « Nos vies » est un vrai coup de cœur aussi, j’hésite même à la mettre sur l’album. Et une autre qui me tient à cœur c’est « Ce qu’il m’arrive de mieux » , que j’ai écrite il y a deux ans à la Saint-Valentin pour mon amoureuse. A la base, c’était une chanson rien que pour elle puis elle m’a conseillé de la mettre sur un disque, ce que j’ai fait. »

A l’occasion de ton EP, tu te lances depuis février dans une tournée de concerts en Belgique, que peux-tu déjà nous dire de ces concerts et des retours que tu as eu dessus ?

« A la base, on avait prévu une tournée de 5/6 dates qui a vite été sold out alors on a rajouté quelques dates. C’est génial, déjà parce que c’est complet partout et que les gens nous attendent. On chante 12 titres inédits et quelques anciens et c’est incroyable de voir la vitesse à laquelle les gens rentrent dans les nouvelles chansons. Ce qui est gai aussi, c’est qu’on n’est que deux sur scène, mon guitariste, que je remercie d’ailleurs, qui joue de tous les instruments comme un groupe à lui seul et moi qui joue en guitare-voix. Il y a des morceaux intimistes et acoustiques, mais aussi d’autres qui envoient à fond. On voyage dans plein d’univers différents et c’est très excitant. Pour résumer, il y a une vraie attente du public, un vrai plaisir qu’on communique sur scène et un retour incroyable, un dialogue enrichissant avant de sortir un disque. »

Ton 5ème album va bientôt sortir, quelles surprises nous réserves-tu pour celui-ci ?

« C’est un disque où j’ai cherché à retrouver la notion de plaisir grâce à des rencontres. Je collabore avec DJ Art pour mon album ainsi qu’avec un violoniste. On travaille à trois en mélangeant le violon, le style électro et ma guitare et ma voix. Ça donne naissance à des morceaux assez étonnants. Et il y a aussi Cali avec qui je suis ravi de pouvoir chanter. C’est un frangin de cœur et d’art, qui est très généreux sur scène et avec le public et ce sont des valeurs que je partage avec lui. Il y a aussi Yasper, un autre chanteur avec qui on fait un duo anglais-français et flamand. Je trouve dommage qu’en Belgique il n’y a pas plus de collaborations wallons-flamands et je trouve ça intéressant de créer des passerelles entre les deux. Et voilà je ne vais pas tout dévoiler non plus ! »

Y aura-t-il de nouveaux clips ?

« L’idée est de sortir 3 ou 4 clips, surtout pour les réseaux sociaux. On réfléchit à des petits formats originaux, un peu barrés à la place de faire simplement un gros clip pour l’album. Je trouve que c’est plus intéressant de réfléchir à des mini-clips plutôt que de faire un seul clip avec tout le budget. »

Aurais-tu un conseil pour les personnes qui voudraient se lancer dans leur passion mais qui n’en ont pas le courage ?

« Je pense que le meilleur conseil qu’on m’ait donné et que je transmet volontiers, c’est de suivre son instinct. Dans ce métier, tout le monde donne son avis et on a tendance à décourager vite les artistes. Il faut pouvoir tendre l’oreille quand il s’adresse à nous. Au début, c’est difficile d’oser le suivre mais on se rend compte que c’est tout ce qui peut nous arriver de mieux. Et d’être toujours le plus sincère possible. Après 15 ans de carrière, les gens disent encore que ce qu’ils préfèrent chez moi c’est mon authenticité et je pense que c’est une arme redoutable qui résiste au temps. Si t’es sincère, on pourra toujours te critiquer mais on ne pourra jamais remettre en question ta vérité. Si on respecte ces deux choses qui sont très liées, ce sont deux clés fondamentales pour se lancer dans une carrière artistique, et pour tout d’ailleurs, pas seulement l’art. »

DU TAC AU TAC

Ta chanson favorite ? 

Je suis venu te dire que je m’en vais Serge Gainsbourg

Mer du Nord ou forêt ardennaise ? 

Forêt ardennaise

Un artiste avec qui tu aimerais faire un duo ?  

Mon grand rêve ce serait Thom Yorke (de Radiohead) ou Damon Albarn (de Gorillaz et Blur)

Ta ville belge préférée ? 

Namur, la citadelle, la Meuse…

La soirée parfaite ? 

Avec des amis… et pas mal d’alcool *rires*

INFOS PRATIQUES :

Ses prochains concerts : 

  • 21/03 @ Le Salon, Silly (complet)
  • 24/04 @ Prince Club, Rixensart
  • 25/04 @ La Maison de la Culture, Arlon
  • 13/11 @ Le 140, Bruxelles
  • 27/11 @ Eden, Charleroi

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Marjorie Laforge