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Le Champignon de Bruxelles : un projet d’agriculture urbaine original à Anderlecht

Active depuis déjà quelques années, Le Champignon de Bruxelles est une coopérative belge qui produit des champignons à partir de drêche de bière. Curieux d’en savoir plus sur ce projet atypique? Mode in Belgium vous en parle dans cet article.

Tout a démarré en 2014 quand deux amis, Hadrien Velge et Sevan Holemans, ont eu envie de se lancer dans l’agriculture urbaine en produisant des champignons. A l’époque, l’entreprise PermaFungi cultivait déjà des pleurotes à partir de marc de café, il fallait donc se différencier. C’est pourquoi ils ont décidé d’opter pour un autre type de champignon, un peu plus exotique: le shiitaké.

Un savoir-faire brusseleir

Il ne leur aura pas fallu bien longtemps avant de se rendre compte que cette variété n’aime pas du tout le marc de café, qui ne semble convenir qu’aux pleurotes. Mais hors de question de baisser les bras pour autant. Ils se sont mis à la recherche d’un autre substrat et ils ont fini par opter pour la drêche de bière (résidu de brassage) qui s’est avérée convenir à merveille. 

Une évolution fulgurante

Depuis 2016, la champignonnière a pris ses quartiers dans un endroit assez exceptionnel et surtout gigantesque: les caves de Cureghem. Situées en dessous des halles des Abattoirs à Anderlecht, elles constituent un environnement parfait pour cultiver des champignons grâce aux températures fraîches et constantes qui y règnent toute l’année. 

La coopérative s’est en plus bien développée puisqu’elle propose aujourd’hui de nouvelles variétés et à une plus grande échelle. En effet, on parle de plusieurs tonnes de champignons chaque mois. Ceux-ci sont écoulés de façon locale, dans des restaurants et magasins à Bruxelles, mais aussi via des grossistes un peu partout en Belgique qui viennent récupérer les produits pour les distribuer ensuite dans des magasins bio.

Pourquoi on aime?

Lorsque l’on fabrique de la bière, la plupart des matières organiques utilisées finissent à la poubelle. Et oui, au final, seulement 10% des ingrédients terminent effectivement dans notre verre. La coopérative se donne donc pour mission de revaloriser ces ressources organiques gaspillées en produisant une nourriture saine en pleine ville. D’ailleurs, elle ne s’arrête pas là car une fois utilisées, les substrats sont distribués aux fermes pour amender leurs sols.

Autre point positif, et non des moindres, c’est qu’en cultivant ces champignons exotiques en Belgique avec nos propres ressources, nous ne sommes plus obligés de les faire venir par avion de l’autre bout du monde.

Enfin, si nous connaissons très bien les champignons de Paris ou autres spécimens plus classiques, les variétés proposées par cette ferme urbaine sont beaucoup plus méconnues dans notre pays. Cela nous permet donc de découvrir des produits que nous n’avons pas l’habitude de consommer et qui sont intéressants à la fois gustativement mais aussi nutritivement.

© Julie Jandrain

Eclo: la ferme urbaine de micropousses

Lors de notre visite dans la champignonnière, nous avons également eu la chance de voir comment s’organise la culture des micropousses, autrement dit une version minuscule de légumes comme les radis, brocolis, etc. Car oui, depuis 2018, la coopérative a décidé d’accueillir le projet Eclo qui en plus d’être en accord avec ses valeurs, lui est très complémentaire. En effet, pour pouvoir se développer de façon optimale, ces végétaux riches en goûts et en saveurs ont besoin de chaleur, ce qui tombe bien parce que la salle d’incubation est naturellement plus chaude que le reste de la champignonnière étant donné que les champignons dégagent de la chaleur lorsqu’ils se développent. Encore un bel exemple de production circulaire! 

© Le Champignon de Bruxelles

Envie de découvrir ce projet de vos propres yeux ? Le Champignon de Bruxelles organise des visites dans ses caves, et ça vaut vraiment le détour! Plus d’informations ici.

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Julie Jandrain