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Le féminisme, c’est dépassé ?

Si l’on marque un temps d’arrêt et que l’on analyse la situation, on se rend compte des formidables avancées qui ont lieu pour les droits des femmes : nous sommes passées de personnes n’ayant aucun droit ni aucun pouvoir sur les décisions sociétales, à pouvoir voter, faire les mêmes études que les hommes et même accéder à des postes de direction haut placés. Les dernières vagues féministes, en particulier celle des années 60-70, nous ont offert une réelle émancipation en nous offrant la possibilité de gérer notre contraception et d’avoir recours à l’avortement (en Belgique, c’est la loi du 3 avril 1990 qui l’autorise!). N’est-ce pas formidable ?

C’est pourquoi certain.e.s se demandent : à quoi cela sert-il d’être féministe en 2020 ? Le combat n’est-il pas terminé ? 

 

Et pourtant

Et pourtant, si nous avons obtenu l’égalité entre les sexes en théorie, la pratique reste bien différente : en Belgique, selon le site statbel, les femmes gagneraient en moyenne 6% de moins que les hommes.

Toujours aujourd’hui, les femmes constituent ici 80% des personnes travaillant à temps partiel, une réalité qui augmente la précarité des femmes, qui sont aussi plus nombreuses à être en famille monoparentale. 

 

Mais surtout, les inégalités, si elles sont sans aucun doute encore bien présentes et ancrées en Belgique et en Europe, sont fourbes et parfois peu visibles. Si nous, femmes, sommes plus nombreuses à travailler à temps partiel, c’est parce que nous avons plus de difficultés à accéder à des temps à temps plein. Pourquoi ? Parce que nous nous occupons du foyer, parce que nous tombons enceinte et parce que c’est à nous que revient, systématiquement ou presque, le congé maternité. En effet, si le congé maternité est de 15 semaines légales, soit presque 4 mois, les hommes ont le droit, depuis 2002, à 10 jours d’arrêt de travail. Les trois premiers jours sont rémunérés par l’employeur, les sept derniers par l’assurance de soins, à hauteur de 82% du salaire brut. 

Avec une telle législation, il n’est pas étonnant que les femmes subissent une discrimination à l’embauche, en particulier lorsque leur âge approche celui “normalement” attendu par la société pour fonder une famille. Et bien que cela soit interdit, il n’est pas rare que les employeurs tentent de savoir si nous avons un projet bébé en tête à l’embauche. Cela m’est personnellement arrivé pas plus tard qu’en Janvier 2020 lorsque j’ai passé un entretien pour un poste dans un hôtel à Bruxelles. 

 

Encore de nombreuses raisons

Pourtant, je ne veux personnellement pas d’enfant. Certain.e.s se demanderont donc en quoi cela peut-il bien m’intéresser, et pourquoi je parle même d’un sujet qui ne me concernera  a priori jamais. 

Tout simplement parce que je considère que les femmes ne sont pas biologiquement plus aptes à changer des couches et faire la cuisine que les hommes, et qu’il est temps qu’une égalité réelle soit mise en place. Si les mentalités s’ouvrent peu à peu, les lois restent encore des murs difficiles à surmonter, notamment en ce qui concerne les congés parentaux. 

Le féminisme, qui lutte donc en faveur de l’égalité entre les sexes, a encore de nombreuses raisons de vivre, pour que les clichés liés aux genres féminins et masculins tombent enfin.

Bettina Zourli

Je m’appelle Bettina, j’ai 28 ans, et je me définis comme une femme écoféministe et childfree (mot anglophone pour qualifier une personne qui ne veut pas d’enfant). Je suis l’autrice d’un essai paru en 2019 « Childfree – je ne veux pas d’enfant » ainsi que du compte Instagram @Jeneveuxpasdenfant. 
En Mars 2020 j’ai lancé ma box @Fem.box, un projet destiné à offrir des pistes de réflexion pour déconstruire la notion de féminité, projet que j’ai lancé depuis la Belgique, et plus particulièrement Bruxelles, ma ville d’adoption!