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Marianne Celis et ses deux pouces

Samedi dernier dans les coulisses de l’Ethno Tendance Fashion Week, nous avons rencontré Marianne Celis, styliste et artiste peintre, créatrice de la marque “Deux pouces. Après ses études de stylisme à l’Helmo Mode, elle fini son cursus en intégrant l’académie des Beaux-Arts en peinture. C’est en alliant mode et peinture que Marianne crée ses collections grandes tailles pour des femmes au grand cœur.

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Marianne Celis, créatrice de la marque “Deux pouces” ©Amélia Lopez Decimavilla

Ici, à l’Ethnotendance, vous êtes parmi les nombreux représentants de la mode ethnique ; mais qu’est ce qui vous différencie ?
Je crée des vêtements et je peins dessus. J’essaie de faire à chaque fois une collection qui s’exprime avec la peinture et avec les vêtements, c’est toujours lié. Je trouve que les vêtements sont aussi de l’art mais que l’on porte tous les jours. L’idéal serait de pouvoir défiler autant sur des podiums de mode que dans des galeries d’art : avoir les toiles en arrière fond et pouvoir aller voir ce que j’ai dessiné ou peint sur la toile et ainsi voir la transmission par le biais du vêtement.

Comment décririez-vous votre style ?
Ce que je fais, c’est du prêt-à-porter limité. Limité car j’aime bien l’idée de concevoir une pièce pour le plaisir et de savoir qu’elle est assez unique, inaccessible à la grande distribution. Souvent, je peins dessus donc c’est un peu dans l’instant. On achète aussi ça ; le côté un peu rare, un peu comme une toile. Ensuite, il y a un côté ludique dans mes créations, toujours avec un petit côté marrant, second degré. Enfin, ethnique car je suis multiculturelle de manière générale. Mes parents ont beaucoup voyagé, ma mère est rwandaise-congolaise et mon père est belge donc toute l’Europe et l’Afrique m’inspirent. Mais pourtant je trouve un peu rédhibitoire le fait de dire que parce que je suis noire je ne fais que du wax (ndlr : le tissu traditionnel africain)! C’est pour ça que cette fois-ci j’ai plutôt travaillé sur les couleurs et les coups de pinceaux que sur le tissu pour montrer qu’on peut être ethnique de manière plus subtile.

On ne trouvera donc pas de Wax dans vos créations ?
Pour le défilé d’aujourd’hui non. Mais par exemple, pour le concours de l’ethnotendance de l’année dernière, oui. J’avais utilisé le wax mais toujours de manière détournée. Je l’ai adapté à une collection hiver en le matelassant pour que les gens voient qu’il existe une autre manière de le mettre et qu’il ne se porte pas seulement en été. Cette année, j’ai utilisé des matériaux naturels comme le lin et le coton. Aussi, comme je crée des modèles pour les femmes de taille 40 à 54, j’ai remarqué qu’elles aimaient beaucoup le tombé des matières comme l’élasthane donc je teste aussi la peinture sur des matières comme celle-là parce que ça peut vraiment épouser les formes comme une « seconde peau ».

Ce n’est pas courant, du prêt-à-porter grande taille…
Quand j’ai été diplômée, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de créateur grande taille et qu’on se dirige toujours vers la mode standard alors que moi j’aime m’habiller.  Pourtant je fais un 44-46. Je m’adresse donc à toutes ces femmes quelles qu’elles soient mais curieuses de la mode puisque ce ne sont pas des prix « H&M ». J’essaie tout de même de toujours avoir ma première pièce à une cinquantaine d’euros car je ne veux pas que ma marque soit inaccessible. Je ne veux pas qu’on aille sur mon site et qu’on se dise « ah non je ne peux pas me le permettre ». Je veux aussi montrer qu’on peut conjuguer des pièces « importables » avec quelque chose de basique et du coup on peut le mettre pour une soirée entre amis ou aller au bureau. C’est aussi montrer qu’on peut oser. C’est un peu ça, la mode, montrer qu’on est différent.

Le nom de votre marque, deux pouces, à quoi fait-il référence ?
C’est un clin d’œil à mes mains car petite j’ai eu un ennui de santé. On a dû m’opérer des mains et il ne me reste que mes deux pouces. J’ai voulu montrer mon côté différent et même si de prime abord je ne suis pas « normale » je parviens à m’exprimer et à transmettre ce que je ressens et ce que je vis. C’est aussi un hommage à mes mains car c’est grâce à elles que je fais tout. Avec deux doigts j’arrive à faire tout ça…

Pauline Zecchinon

Découvrez la collection de la marque « Deux pouces »
lors du défilé de l’Ethno Tendance Fashion Week
©Amélia Lopez Decimavilla