logo
Top

Masculinités, la garde-robe de l’homme exposée à Bruxelles

Pour la première fois en Belgique, une exposition se consacre entièrement à l’évolution du vestiaire masculin. Au travers de pièces de designers belges et internationaux de renom, cette rétrospective raconte la façon dont la mode masculine reflète et encourage la pluralité des masculinités…

Situé à deux pas de la Grande Place de Bruxelles, le Musée Mode et Dentelle accueille Masculinités, une exposition retraçant la notion de la masculinité au travers de la mode et des vêtements. Elle démarre par une parure dorée et colorée du 18e pour finir avec des pièces aux allures androgynes, typiques de notre génération.

Le pitch

L’exposition suit l’historique du vêtement qui évolue au sein d’une société complexe et influencée par les mœurs, les dictats et contre-courants. Elle se divise en trois parties. La première montre la masculinité archétypale, soit une « image orthodoxe » de l’homme dans les sociétés occidentales. La seconde s’intéresse aux modes plus alternatives. Pour terminer avec la troisième section qui redéfinit les codes du genre.

Jusqu’à la fin du 18e siècle, les parures masculines témoignent d’un réel effort de coquetterie. Elles s’ornent de couleurs, de sequins ou encore de fils d’or. Puis l’homme a quitté sa splendeur pour adopter un uniforme plus strict devant exprimer « l’éthique bourgeoise du travail ». Avec des costumes aux tons sombres et « sobres » symboles de réussite tant financière qu’au sein de la société.

Les années 60’ sacralisent la libération des mœurs et la révolution sexuelle. Les boomers réinsèrent de la couleur et des ornements dans leurs vêtements. On parle même de « l’homme Paon » qui parade avec des habits colorés et qui cherche à être vu. Cette section s’inscrit dans la seconde partie de l’exposition qui dévoile les modes plus alternatives et qui réinsufflent des éléments perdus de la vision précédente.

©Masculinités
©Detiffe.com

Cette époque respire de liberté et invite la mode aux rêves et à la l’évasion. Les créateurs s’inspirent de leurs désirs d’enfances. On voit apparaître beaucoup de clins d’œil au voyage mais aussi aux métiers « de rêve » comme les pirates, les pompiers, les militaires, etc. 

Mais derrière l’insouciance des sixties se cache une crainte qui traumatise les années 80-90’ : le sida. S’en suit une mode qui se veut forte et indestructible. L’image de la masculinité devient presque toxique. L’homme doit être puissant, voire bodybuildé. En réaction, certains créateurs, comme Heidi Slimane, Xavier Delcour ou Raf Simons, proposent la silhouette slim. Ils se réfèrent au monde de l’adolescence, de la musique et de la nuit et créent une image plus vulnérable, plus raffinée qui représente un homme chargé d’émotions et d’affects.

La troisième partie de l’exposition casse les codes, notamment ceux tournant autour de la notion de genre. On y retrouve évidemment, l’avènement du streetwear dans le monde très fermé du luxe avec Off-white en chef de fil. Pour ensuite poursuivre son chemin vers une mode plus androgyne et plus fluide au niveau du genre. Mais ce mouvement de non binarité sort aussi du cadre classique de la mode : l’inclusivité fait partie intégrante de notre génération.

Notre avis

La mode masculine est souvent moins mise en avant que la féminine. C’était donc très instructif de pouvoir explorer ce vestiaire qui m’était plus méconnu. Le sujet de la masculinité et de la liberté des genres est très actuel. J’ai particulièrement apprécié de le voir du point de vue de la mode et de son évolution. De plus, l’infrastructure de l’exposition emploie différents moyens audio-visuels, ce qui permet de varier les plaisirs et de visualiser autrement que sur des mannequins. Cependant, j’ai regretté une certaine désorganisation et un léger manque de fluidité. Certains numéros n’étaient pas dans le bon ordre. Aussi, même si l’expo regorge de pièces exclusives de grands designers, je reste quelque peu perplexe sur la pertinence de certains modèles.

©Detiffe.com

Masculinités permet de comprendre la complexité de la notion de masculinité grâce à la mode. Encore une fois, le lien étroit entre les époques, la culture et la façon de s’habiller est indéniable. La mode s’inscrit dans la culture mais les créateurs ont le pouvoir de la faire évoluer.

Informations

Exposition à voir et revoir jusqu’au 13.06.2021
Au musée Mode et Dentelle rue de la Violette 12, 1000 Bruxelles

Infos et réservation, ici

Laetitia Bindji