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Mode et Musique : Gioia Seghers et Béatrice Berrut

Vendredi 09 octobre avait lieu l’événement Mode et musique à Bruxelles, l’occasion pour Gioia Seghers de présenter sa collection printemps/été 2016.

gioia seghers16

Her Shifting Rhythm – Spring Summer 16 © Tine Claerhout Photography

L’ambiance y était calme et silencieuse. Les mannequins, placées au départ judicieusement de part et d’autre du piano de Béatrice Berrut, sont restées immobiles la plupart du temps, nous permettant ainsi d’apprécier totalement la musique. Entre deux morceaux de piano, nous pouvions contempler davantage la collection, grâce à une mise en scène impliquant quelques mouvements des mannequins. Une atmosphère sobre et chic, totalement apaisante, et représentant bien la nouvelle collection de Gioia Seghers qui est composée exclusivement de noir et blanc.

En concentrant son propos sur une palette de couleurs limitées – blanc, beige et noir – et sur des créations très près du corps, Gioia Seghers réinterprète la simplicité en recherchant un subtil équilibre entre confort et esthétique.

S’inspirant de l’œuvre Dance de la chorégraphe Lucinda Childs, une performance réalisée en 1979 avec la participation des artistes Philip Glass et Sol LeWitt, Gioia explore l’attrait de la fluidité dans des environnements structurés en créant une dynamique gracieuse tout autour des formes de la femme. S’il est vrai qu’elles sont très ajustées, il n’en reste pas moins que ses créations évoluent librement autour du corps avec une certaine nonchalance.

Mue par la volonté de souligner la facilité et la légèreté, la styliste belge conçoit des vêtements transformables et portables de deux manières différentes en recourant à des ourlets asymétriques pour dynamiser la silhouette. ainsi un pantalon ajusté se pare d’un empiècement qui donne l’illusion d’une longue jupe quand il est porté à la taille. Un trench ample et déstructuré se mue à la minute en un classique qui s’associe facilement aux coordonnés de Gioia.

 

Réinterprétant la résille vaporeuse de l’été dernier, elle l’insère dans des éléments clés pour obtenir un jeu de transparences ludiques, révélant la peau tout en l’occultant. En plaçant les franges sous un autre éclairage, elle confère une surface expressive aux vêtements du quotidien. Son choix de tissus est limité et souligne son trait de crayon épuré et précis. Du fresco de laine à l’organza en passant par le lin et la viscose, Gioia évoque les plaisirs tactiles d’un été fugace. Certaines de ses créations se passent de doublure et deviennent caresse, à la manière d’une seconde peau.

Donaline Hermant