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© Olivia Hainaut

Olivia Hainaut et le monde de la mode : l’envers du décor

Créatrice de la marque qui porte son nom, Olivia Hainaut nous dévoile l’envers du décor de sa profession. Être créateur, c’est quoi ? Quelles sont ses contraintes ? Pourquoi la mode coûte cher ? Autant de questions sur lesquelles elle se penche et nous donne son avis.

Olivia Hainaut

Olivia Hainaut

Trois pôles dans le métier
Être créateur ne veut pas simplement dire faire de la création. « La création, c’est la partie qui fait rêver, celle que l’on se représente quand on imagine la vie de créateur », explique-t-elle, « le milieu de la mode ne se limite pas qu’à cela. Il y a tout un monde économique avec lequel il faut savoir jongler. On a tendance à oublier ces parties business et administrative ».  Ces trois pôles du métier vont ensemble et chaque créateur y est confronté s’il veut faire marcher sa marque. Très peu peuvent se permettre d’engager quelqu’un à leur place pour s’occuper de ça. Les parties business et administrative demandent énormément de temps.

La création, c’est la partie qui fait rêver

Une boucle économique
Olivia Hainaut nous explique qu’un créateur, à moins de faire partie d’une grande maison ou d’être extrêmement connu, se paie très mal et vit avec peu de moyens. Il doit gérer les paiements de ses matières premières, « une partie souvent très coûteuse si on veut travailler avec de belles matières », souligne Olivia. Elle-même travaille le cuir importé d’Italie, elle en sait quelque chose. Un créateur est sans cesse dans l’investissement car tous les six mois, une nouvelle collection sort. A côté de cela, il doit pouvoir vivre, payer ses fournisseurs, gérer ses points de ventes, assurer les livraisons et trouver du temps pour la création. Il lui faut donc des rentrées d’argent régulières et des personnes fiables qui assurent le payement dans des délais raisonnables.

Une production belge et respectueuse
Quand, comme Olivia, le créateur désire une production de qualité, dans le respect de l’homme, artisanale et le plus possible en Belgique, il faut mettre le prix. Ce prix, il est répercuté sur la pièce que nous, consommateur, achetons.  « Oui, je suis cher… », scande Olivia sur un de ses célèbres badges. « Oui c’est cher », admet-elle,  « mais si le consommateur voyait ce que ça me coûte, ce que je me mets dans les poches, c’est dérisoire ».

Oui, je suis cher

« Il faut conscientiser les gens, qu’ils arrêtent d’acheter n’importe quoi »
Olivia le dit très franchement. Le problème ? La conscientisation. Les grandes enseignes de vêtements, bien connues de tous, imitent tellement bien la mode et à des prix tellement démocratiques voire ridiculement bas que les gens achètent en masse. La surconsommation est un deuxième problème découlant du premier. La publicité, omniprésente, nous pousse sans cesse à consommer et à acheter toujours plus. En réalité, a-t-on vraiment besoin d’avoir 40 pulls, 30 pantalons, 25 jupes ? Finalement, ne portons-nous pas toujours les mêmes choses ? Alors achetons quelques pièces mais achetons les biens. Mettons le prix. Privilégions la qualité à la quantité. Faisons vivre les créateurs de chez nous !

Pour découvrir l’univers d’Olivia Hainaut mêlant colliers, bracelets, accessoires en cuir et les badges « by OH », c’est par ICI.

Colliers et badge Olivia Hainaut  ©Charalambos Cagalis ©Olivia Hainaut

Pauline Zecchinon