fbpx
logo
Top

Rihanna au Pukkelpop : Remettons les pendules à l’heure

Le concert de Rihanna au Pukkelpop jeudi dernier a provoqué des critiques souvent très virulentes. Mais malgré de nombreux défauts pas toujours excusables, sa performance aura tout de même été efficace. Une semaine après, retour tout en nuances de ce premier jour du Pukkelpop 2016.

©Camélia VB, source Youtube

©Camélia VB, source Youtube

Cinquante minutes. C’est le retard inacceptable que la princesse de la pop s’est permis ce jeudi 18 août, au Pukkelpop. D’un tel manque de respect, on ne connaîtra pas la raison, et aucune excuse ne sera proférée par l’intéressée. Déjà bien avant son arrivée sur la mainstage, des huées pouvaient s’entendre à intervalles réguliers dans le public.

C’est peu dire que la performance de la diva des Barbades commençait dans de terribles conditions. D’autant plus qu’elle n’arrivait pas devant un public conquis d’avance, souvent habitué à des têtes d’affiches plus rock ou indé. Un tel faux départ revenait à se tirer une balle dans le pied. Tout annonçait un fiasco. Et pourtant…

Enfin arrivée, c’est avec une douce ironie que Riri inaugure son set avec « Stay ». A sa seule apparition sur scène, les acclamations fusent déjà. Le premier refrain entamé, très vite repris en chœur par la foule, aucun playback ne se fait entendre. La voix de Rihanna, d’une puissance rare, s’impose, tandis que les dernières plaintes du public s’éteignent définitivement.

Contrairement à ce que beaucoup ont pu dire, le playback ne sera utilisé qu’à de rares moments du concert. Plus précisément pendant un medley décevant d’une vingtaine de minutes, entamé après l’introduction. La chanteuse y enchaînera des versions raccourcies de plusieurs de ses grands hits. Question de chauffer la foule, peut-être. Reste que l’usage du playback est flagrant, et ne devoir se contenter que d’un seul refrain pour chaque morceau concerné est assurément frustrant.

Néanmoins, ce passage difficile se termine rapidement. Jusqu’à la fin de la performance, le playback ne se fera plus entendre. Riri ne s’engagera plus que dans des versions complètes et entièrement live de ses meilleurs morceaux, donnant de la voix à cœur joie. Plusieurs fois, des regards impressionnés se croiseront dans le public, face à des envolées vocales impressionnantes que l’on n’envisageait même pas à l’entame du concert. Les musiciens, bien qu’efficaces, resteront en arrière-plan face à la présence magnétique de la Princesse. Maîtresse de chacun de ses mouvements, celle-ci est visiblement contente de l’accueil qui lui est réservé. Pas radine sur les sourires et autres remerciements, elle fera preuve d’un enthousiasme communicatif tout au long de son set raccourci. Si certains lui reprochent d’avoir fait le minimum syndical, de notre côté, on préfère souligner la qualité et l’efficacité d’une performance qui ne partait pas sous les meilleurs auspices. On regrettera cependant la propension trop récurrente de la star à s’éclipser de la scène pendant de longues secondes.

Si la performance de Rihanna était loin d’être exempte de défauts, ceux-ci furent totalement oubliés lors des sommets qu’étaient, par exemple, « Diamonds », « Same Ol’ Mistakes » (reprise dantesque de Tame Impala) ou encore « FourFiveSeconds ». D’un rendu live impressionnant, ces moments montrent que l’artiste n’a plus rien à prouver et qu’elle n’est pas là par hasard. Le concert fut fort et bien mené. Il n’aura pas plu à tout le monde pour les raisons évoquées plus haut. Mais au niveau des performances musicales, la diva est proche du sommet. Dommage que les erreurs logistiques soient venues ternir ce fort bon moment auquel, on l’avoue, on ne s’attendait pas.

 

On a aussi vu (avis très subjectifs en vrac) :

  • Robbing Millions : Sans aucun doute la découverte belge du mois (de l’année ?), sorte de mélange entre MGMT et Tame Impala à la sauce belge. A découvrir d’urgence.
  • The Tallest Man On Earth : Musique folk bien sympathique, bonne présence sur scène, mais très peu marquant. Oubliable, mais pas mauvais.
  • Wolfmother : Mélangez Led Zeppelin, les Doors et Black Sabbath, et vous obtiendrez Wolfmother et leur glam-rock des années 2000. Parfois trop criard, mais diablement efficace.
  • The Kills : D’une présence envoûtante et ne faisant qu’un avec sa musique, le duo a cependant souffert d’une très mauvaise sonorisation. A absolument revoir dans de meilleurs conditions sonores.
  • The Last Shadow Puppets : En bien meilleure forme qu’à Werchter le mois dernier, Alex Turner a enfin prouvé qu’il était capable de dynamisme. De son côté, Miles Kane est resté pareil à lui-même, une bête de scène. Le tout a donné une bonne surprise qu’on n’attendait plus.
  • Die Antwoord : Logiquement très mécontents de leur retard causé par Rihanna, les Sud-Africains ont servi une excellente heure gonflée de folie trash. Mais faut-il encore les présenter ?

 

Simon Braibant